Vive l’avenir : une histoire, un projet, des rencontres

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A la recherche des « éclaireurs d’avenirs »

Alors que « la crise » économique, sociale, écologique, morale, sévit ; que les déclinologues se complaisent dans le déclin ; que les experts en catastrophes se complaisent à alimenter un climat pessimisme et anxiogène ; que l’auto-flagellation fait figure de clairvoyance, l’horizon semble fort peu réjouissant pour la jeunesse « vouée au chômage » pour les uns, « sans avenir » pour d’autres… Gilles Vanderpooten (> biographie), alors étudiant, après avoir lancé Le Tour de France du développement durable et publié le livre du même nom, projette en 2008 d’interviewer des « sages » qui, par leur expérience, leur regard sur le monde, leur recul sur les événements, peuvent aider la jeunesse à mieux comprendre les enjeux et à trouver des éléments de réponses à ses interrogations. Des « éclaireurs d’avenirs » qui marquent notre monde contemporain et ont un message à adresser à la jeunesse. (> Lire l’article de La Croix « Un jeune engagé en quête d’auteurs »).

French diplomat Stephane Hessel (L) and Gilles Vanderpooten (R)La rencontre avec Stéphane Hessel

A plusieurs reprises, l’image d’un homme simple mais étonnant lui apparaît. Ici dans une conférence où il déclame un poème en allemand ; Là où il témoigne- de la nécessité de désobéir face à l’inacceptable et lorsque les Droits de l’Homme se trouvent mis en danger.
Ce monsieur, c’est Stéphane Hessel. « A l’écouter, à ressentir son enthousiasme contagieux, à la sympathie qu’il inspire, en me documentant petit à petit sur sa vie et son parcours, à découvrir ses engagements, c’est une évidence : mon premier interlocuteur, ce sera lui ! ». Stéphane Hessel, 92 ans, accepte avec enthousiasme la proposition de son jeune interlocuteur de se rencontrer et s’entretenir. C’est en septembre 2009. Personne ne se doute à l’époque que Stéphane Hessel deviendra l’inspirateur d’un mouvement citoyen dépassant les frontières. A l’époque, le projet d’Indignez-vous ! n’a pas encore vu le jour.

La recherche d’un éditeur et la coïncidence d’Indignez-vous ! et d’Engagez-vous !

Un an et une quarantaine de refus d’éditeurs plus tard, Jean Viard, éditeur aux éditions de l’Aube, répond à Gilles Vanderpooten : « Passionnant et sympathique, on publie.» Heureuse coïncidence : c’est le 21 octobre 2010, jour même de la publication d’Indignez-vous ! alors que ni l’un ni l’autre ne le savent. Entre temps, Stéphane Hessel a été sollicité pour écrire l’ouvrage qui, en l’espace de quelques semaines, se hissera au rang de succès planétaire.
L’entretien entre Stéphane et Gilles, principalement orienté sur la question de l’engagement, répond involontairement à certaines critiques adressées à Indignez-vous ! Et va plus loin dans l’interpellation à la jeune génération. Ils choisissent donc de l’intituler… Engagez-vous ! Le livre parait le 11 mars 2011.

Le périple en France et dans le monde

Le succès inattendu d’Indignez-vous ! puis d’Engagez-vous ! qui seront tous deux traduits et diffusés dans de nombreux pays, amène Stéphane Hessel à parcourir la France et le monde, à la rencontre des populations et des médias qui le sollicitent toujours plus nombreux. Stéphane invite volontiers son jeune ami à se joindre à ses périples. Ainsi, ils voyagent ensemble, à la rencontre des Indignés espagnols, dans des conférences en France et en Belgique, dans les médias…
Les « deux jeunes hommes », l’un par son âge, l’autre par son enthousiasme et sa vivacité intacte voire même redoublée par tant de sollicitations, bien que près 70 ans les séparent, témoignent que le conflit de générations -si souvent proclamé- est loin d’être une fatalité.

D’un livre à une série : la  naissance des « Conversations pour l’avenir », ou l’éclectisme de l’engagement

Gilles Vanderpooten poursuit, avec la complicité bienveillante de son aîné, sa série d’entretiens avec des personnalités éclectiques.

Avec Jéromine Pasteur, qu’il côtoie depuis qu’elle a accepté d’être la marraine du festival Eidos du film de l’environnement qu’il a lancé en 2006, il revient dans La vie est un chemin qui a du cœur sur le parcours d’une femme étonnante qui, après avoir construit son bateau de ses propres mains à l’âge de 17 ans, navigue sur les mers et les océans du globe, et vit une partie de l’année aux côtés de ses amis indiens les Ashaninkas d’Amazonie péruvienne, dont elle partage les joies et les dangers au cœur d’une forêt menacée par « la civilisation » – déforestation, pillage des ressources, accaparement de territoires, perte d’identité…

Le souvenir marquant de rencontres avec de grands aventuriers et explorateurs l’amène à dialoguer avec Yves Paccalet, philosophe, écologiste, auteur notamment du grinçant « L’Humanité disparaitra, bon débarras » et qui bourlingua pendant vingt ans sur La Calypso avec le Commandant Jacques-Yves Cousteau. Ils publient ensemble Partageons ! L’utopie ou la guerre.

Quelle femme d’expérience incarne l’engagement radical, sans concession ? Pour Gilles c’est une évidence : Danielle Mitterrand, qu’il rencontre à l’été 2011 dans sa maison des Landes, à Latche, célèbre résidence du Président de la République François Mitterrand. « Entourée des siens sur trois générations dans ce lieu chargé d’histoire, elle exprimait à la fois la joie de vivre et la volonté de résister, de lutter encore et toujours » se souvient-t-il. Il ne le savait pas, mais elle se préparait à partir… Ce sera Ce que je n’accepte pas, le dernier témoignage de la femme passionnée, activiste, fondatrice de la fondation France Libertés.

Mais alors que l’indignation prend de l’envergure du côté de l’Occident -à Barcelone, Madrid, Rome, Bruxelles, New York, Montréal – c’est le Printemps arabe qui bat son plein, parti de Tunisie où les populations s’insurgent après l’immolation d’un jeune vendeur de fruits et légumes symbole de l’oppression de la dictature. Gilles rencontre Youssef Seddik, philosophe et anthropologue Tunisien, spécialiste du Coran dont il a offert une traduction remarquée puis une analyse inédite avec Nous n’avons jamais lu le Coran. S’engage alors un entretien sur la Révolution tunisienne, les aspirations d’un peuple et d’une jeunesse, les passerelles à envisager entre les jeunesses européennes et du Maghreb, les Révoltés et les Indignés. « Unissons-nous ! » proclament-ils de concert.

Dans un monde en mouvement, le besoin de penser et de créer de nouvelles choses, d’envisager un monde différent, se fait pressant. Il faut donner la parole aux créateurs. S’il est une référence mondiale en la matière, c’est bien Philippe Starck. On connait son œuvre impressionnante, foisonnante, presque démentielle. Mais derrière la matérialité de ses créations, de ses objets, il y a un esprit, une mission, une volonté d’accompagner le changement. Un ensemble à la fois séduisant, inspirant et utile. A l’issue d’une année d’un travail enthousiasmant paraît Impression d’Ailleurs, le premier livre de Philippe Starck.

La création, la Résistance, l’engagement, se conjuguent aussi à l’humour. Guy Bedos en est l’un de plus fidèles représentants. De sa jeunesse algérienne, face au dictat de ses parents, il tient l’antiracisme. Du refus de l’indifférence, l’engagement pour les droits de l’Homme. Du goût pour la liberté, l’indocilité face aux pouvoirs. De l’exigence de démocratie, l’appel à l’« insurrection pacifique » qui rejoint la perspective de Stéphane Hessel. Guy Bedos se livre volontiers et sincèrement dans l’entretien intitulé J’ai fait un rêve, dans lequel il projette son rêve d’une société meilleure dans la jeunesse qui s’indigne et qui agit.

Les Conversations pour l’avenir : des témoignages pour comprendre les mutations en cours, s’engager et s’élancer vers l’avenir.

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